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"Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse, que son visage s'illumine pour nous ; et ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations. Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu'ils te rendent grâce tous ensemble !" (Psaume 67)

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jeudi 10 mai 2018

Fête de l'Ascension - "Il fut élevé au ciel" (Lc 24)

par Saint Augustin d'Hippone


Icône de l'Ascension - Taizé


Aujourd'hui notre Seigneur Jésus Christ est monté au ciel ; que notre coeur y monte avec lui. Ecoutons ce que nous dit l'Apôtre: "Puisque vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d'en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu. Ayez le sens des choses d'en haut, non des choses de la terre." (Col 3,1-2)
De même que Jésus est monté sans pourtant s'éloigner nous, ainsi nous sommes déjà là-haut avec Lui, même si ce qui nous est promis ne se réalise pas encore en notre chair. Lui est déjà élevé au-dessus des cieux ; et cependant, Il souffre sur la terre toutes les peines que nous, ses membres, nous ressentons. De cela il a porté témoignage quand Il s'écria d'en haut: "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?" (Ac 9,4), et encore : "J'ai eu faim, et vous m'avez donné à mangé" (Mt 25, 35).
Pourquoi ne travaillons-nous pas sur cette terre de telle sorte que, par la foi, l'espérance et la charité qui nous unissent à Lui, nous reposions dès maintenant avec Lui dans le ciel ? Lui qui est là, est aussi avec nous ; et nous qui sommes ici, nous sommes aussi avec Lui. Il peut cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne le pouvons comme Lui par la divinité, nous le pouvons en Lui par l'amour. 
Il n'a pas quitté le ciel quand Il est descendu vers nous, et Il ne nous a pas quittés lorsqu'il est monté au ciel. Sa présence là-haut pendant qu'il était ici, Lui-même en témoigne: "Personne, dit-il, n'est monté au ciel si ce n'est Celui qui descendit du ciel, le Fils de l'homme qui est au ciel." (Jn 3,13) Il n'a pas dit: le Fils de l'homme qui sera dans le ciel, mais :" Le Fils de l'homme qui est au ciel." Qu'Il demeurerait avec nous, même quand il serait là-haut. Il l'a promis avant son Ascension en disant: "Et moi, je suis avec vous jusqu'à la fin du monde." (Mt 28,20).
"Personne n'est monté au ciel, si ce n'est Celui qui descendit du ciel, le Fils de l'homme qui est au ciel": ces paroles ne semblent viser que Lui seul sans qu'aucun de nous puisse être concerné. Et pourtant, cela fut dit en raison de l'unité, parce qu'Il est la tête et nous sommes le corps. Cela ne concerne personne d'autre que Lui, puisque nous aussi, nous sommes Lui, selon que Lui est fils de l'homme à cause de nous, et nous fils de Dieu à cause de Lui.
Lui seul descendit du ciel par miséricorde et Lui seul y est monté, et nous avec Lui par grâce.


SAINT AUGUSTIN, extrait cité dans: BOURGUET Daniel, L'Evangile médité par les Pères: Luc, Olivétan

lundi 5 juin 2017

Hymne à l'Esprit Saint


Roi du ciel, Consolateur,
Esprit de vérité,
Toi qui es partout présent et qui remplis tout,
Trésor de biens et Donateur de vie,
Viens et demeure en nous,
purifie-nous de toute souillure
et sauve nos âmes,
Toi qui es bonté.


Vitrail de l'Eglise de la Réconciliation à Taizé





vendredi 22 janvier 2016

"Il prit le pain… il prit la coupe" (Mt 26, 26-27)

par Ephrem le Syrien



Au désert, notre Seigneur multiplia le pain, et à Cana il changea l'eau en vin. Il habitua ainsi la bouche de ses disciples à son pain et à son vin, jusqu'au temps où il leur donnerait son corps et son sang. Il leur fit goûter un pain et un vin transitoires pour exciter en eux le désir de son corps et de son sang vivifiants. Il leur donna libéralement ces menues choses, pour qu'ils sachent que son don suprême serait gratuit. Il les leur donna gratuitement, afin qu'ils sachent qu'on ne leur demanderait pas de payer une chose inestimable; car, s'ils pouvaient payer le prix du pain et du vin, ils ne pourraient payer son corps et son sang.

Non seulement il nous a comblés gratuitement de ses dons, mais encore il nous a cajolés avec tendresse. Car il nous a donné ces menues choses gratuitement pour nous attirer, afin que nous approchions et recevions gratuitement cette chose si grande qu'est l'Eucharistie. Ces menus morceaux de pain et de vin qu'il a donnés étaient doux à la bouche, mais le don de son corps et de son sang est utile à l'esprit. Il nous a attirés par ces choses agréables au palais, afin de nous entraîner vers ce qui vivifie les âmes. Il a caché de la douceur dans le vin qu'il a fait, pour indiquer aux convives quel trésor magnifique est caché dans son sang vivifiant. 

Comme premier signe, il fit un vin réjouissant pour les convives, afin de manifester que son sang réjouirait toutes les nations. Le vin intervient dans toutes les joies imaginables, et de même toutes les délivrances se rattachent au mystère de son sang. Il donna aux convives un vin exceller qui transforma leur esprit, pour leur faire savoir que la doctrine dont il les abreuverait transformerait leur coeur. Ce qui n'était d'abord que de l'eau fut changé en vin dans les amphores; c'était le symbole du premier commandement amené à la perfection ; l'eau transformée, c'était la loi perfectionnée.
Les convives buvaient ce qui avait été de l'eau, mais sans goûter l'eau. De même, lorsque nous entendons les anciens commandements, nous les goûtons dans leur saveur nouvelle. Au précepte "gifle pour gifle" qui est dans la loi de Moïse, a été substituée la perfection: "A celui qui te frappe, présente l'autre joue" (Mt 5,39).

En un clin d'oeil, le Seigneur a multiplié un peu de pain et transformé de l'eau en vin. Ce que les hommes font et transforment en dix mois de travail, ses dix doigts l'ont fait en un instant. […] Il n'a pas multiplié le pain, ni produit le vin autant qu'il l'aurait pu, mais jusqu'à la mesure suffisante pour les convives. Ce n'est pas sa puissance qui a mesuré son miracle, mais le besoin des convives et la faim des affamés. Si, en effet, le miracles avait été mesuré à sa puissance, il serait impossible d'en évaluer la victoire.

EPHREM LE SYRIEN, Commentaire du Diatessaron, Sources chrétiennes n° 121, Le Cerf, Paris, 1966.
Tiré de: BOURGET D., L'Evangile médité par les Pères: Jean, Olivétan, 2010, p. 49-50.

Ephrem le Syrien: né en 306 (en Turquie actuelle) et mort en 373, il enseignait la théologie jusqu'au moment où il fut contraint de fuir avec ses élèves à cause de l'invasion perse. Poète, il a écrit beaucoup d'hymnes (plus de 400) et des sermons en vers, ainsi que des commentaires en prose. La beauté de ses écrits lui vaut d'être surnommée "la harpe du Saint Esprit". Reconnu saint par les Orthodoxes comme par les Catholiques, il est proclamé docteur de l'Eglise par Benoit XV en 1920.

mercredi 30 septembre 2015

Ô toi, petite cloche…

par Daniel Bourguet



La petite cloche des Abeillères, qui nous invite aux temps pour l'essentiel...

"L'office commence avec la sonnerie de la cloche, si l'on peut dire qu'il "commence", car en réalité la louange n'a ni début, ni fin: elle est incessante, comme on le découvre dans la grande liturgie de l'Apocalypse, où le ciel rend à Dieu un culte, bâti autour d'une acclamation que les êtres vivants "ne cessent de dire, jour et nuit: 'Saint, saint, saint est le Seigneur le Tout-Puissant, celui qui était, qui est et qui vient'"(Apo 4,8).
Les trois derniers petits coups de la cloche rentrent dans ce rythme trinitaire qui scande "saint, saint, saint" ou encore "qui était, qui est et qui vient."
Sonner la cloche qui est suspendue entre ciel et terre, c'est inviter le ciel et la terre à se joindre dans une louange commune et éternelle."

"Ô toi, petite cloche, ô toi qui nous appelles
Et nous invites tous aux temps pour l'essentiel,
En rassemblant les voix de la terre et du ciel,
Merci d'être pour nous toujours aussi fidèle.

Le Maître t'a donné une tâche précise
Et tu n'as pas quitté la place où il t'a mise.
Tu chantes à pleine joie, lorsque nous t'agitons
Et puis tu te fais silence, alors que nous prions.

Ô toi petite cloche, ô toi qui sur nous veilles,
Si jamais dans la nuit mon coeur lourd s'ensommeille,
Sonne a coups redoublés dans ton amour pour moi,
Pour que je sois debout lorsque viendra le Roi."

Daniel Bourguet





Daniel Bourguet: pasteur et ermite. En savoir plus cliquez sur cet article.

lundi 22 juin 2015

Prière au Saint-Esprit

par le père Serge Boulgakov


« Roi du ciel, Consolateur, Esprit de vérité, 
toi qui es partout présent et qui remplis tout,
 Trésor de biens et Donateur de vie,
 viens et demeure en nous,
 purifie-nous de toute souillure 
et sauve nos âmes, toi qui es bonté. »




Premièrement, quant à son omniprésence, disons que cette prière, à l’exception du « Notre Père », est la plus usitée et par conséquent la plus importante de toutes les prières orthodoxes. On pourrait aussi ajouter que l’absence d’autres prières au Saint Esprit la met dans un contexte tout particulier, ce qui encadre encore davantage sa portée.
D’ailleurs, l’importance particulière de cette prière est confirmée indirectement non seulement par son usage mais, dans le même esprit, par son exclusion du cycle usuel des prières de l’Église à des moments précis, notamment lors de la Semaine de Pâques et au cours des semaines qui mènent à la Pentecôte.
L’Église omet alors d’adresser cette prière au Saint Esprit en témoignage apparent du fait qu’au cours de la semaine de Pâques et des jours qui la suivent, c’est-à-dire après la Résurrection du Christ, nous sommes, de fait, passés du Royaume de Grâce au Royaume de Gloire, au sein duquel tout baigne intrinsèquement dans le Saint Esprit, ce qui fait qu’il n’est alors plus nécessaire de faire quelque invocation spéciale au Saint Esprit, parce que Dieu est tout, en tout.

Il est maintenant temps de regarder cette prière dans son ensemble : « Roi du ciel, Consolateur, Esprit de Vérité, toi qui es partout présent et qui remplis tout, Trésor des biens et Donateur de vie, viens et demeure en nous. Purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes, toi qui es bonté. »

La première partie de la prière, soit l’invocation « Roi du ciel, Consolateur, Esprit de vérité… « renferme un enseignement dogmatique sur la Troisième Hypostase comme étant Dieu véritable (« Roi du ciel »). Le Consolateur, dans la perspective de son amour hypostatique entre le Père et le Fils, le Saint Esprit grâce auquel s’atteint et se révèle la spiritualité de l’Esprit divin tri-hypostatique, est pour sa part l’Esprit de vérité dans sa relation avec la Deuxième Hypostase, qui est le Verbe et la Vérité.

La seconde partie de la prière, « …qui es partout présent et qui remplis tout, Trésor des biens et Donateur de vie «, témoigne plus particulièrement de l’activité du Saint Esprit dans le monde. Tout d’abord, quant à son omniprésence : Dieu est omniprésent mais chacune de ses divines hypostases possède une image spéciale de cette présence hyperspatiale. Le Père est le pouvoir fondamental de volonté dans la création du monde ; le Fils en est sa base ou son fondement idéal (« sans lui rien n’a été fait ») ; le Saint Esprit est la force active, qui pénètre tout et « qui accomplit tout ». Il est aussi Donateur de vie; et pourtant le Dieu trine est lui-même la Vie éternelle, le Créateur et le Donateur de vie. Alors que la Troisième Hypostase, celui qui accomplit tout, est la Vie de la Vie au sein de la Sainte Trinité, de même il est aussi la puissance spéciale de vie de chaque créature. Une hymne de l’Église rappelle que « C’est par le Saint Esprit que chaque âme vit » (Anavathmi du 4e ton).

Toute réalité accompagnant chacune de ces vies appartient au Saint Esprit, car il est la puissance réelle. Si la vie en tant que telle est la plus grande bénédiction, il est le « Trésor inépuisable de tous les biens », ce qui inclut non seulement le don naturel de la vie, mais aussi les dons de la grâce qui nous est donnée par le Saint Esprit et qui représente la puissance de la vie.

Cette partie de la prière décrit, pourrait-on dire, l’activité objective du Saint Esprit dans le monde et sa présence au sein du monde, alors que la dernière partie de la prière traite du domaine du subjectif, notamment de la réaction des hommes et leur acceptation du Saint Esprit, pour lui demander le salut personnel (« viens et demeure en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos âmes… »).

Si la vie chrétienne consiste dans l’acquisition du Saint Esprit, selon les paroles de saint Séraphim de Sarov, et si en même temps la grâce ne force jamais personne, alors le désir et l’effort des hommes sont également nécessaires pour en venir à accepter cette grâce et cela doit se refléter en premier lieu dans la prière. De dire « Viens et demeure en nous » expose une prière en vue d’une réponse active du Saint Esprit et une invocation de l’Esprit Saint pour l’obtention de l’inspiration qui porte fruit dans la créativité humaine.

Le feu du Saint Esprit brûle notre nature pécheresse et nous purifie de tout péché. Par conséquent la demande de l’inhabitation du Saint Esprit en nous inclut aussi cette autre demande, « purifie-nous de toute souillure », afin que nous soyons purifiés de nos péchés. Ainsi, une telle habitation du Saint Esprit en nous est notre salut. Cette demande est la dernière de la prière. Elle est inclusive et, en fait, représente un condensé de toute la prière.

On place habituellement cette prière au début de toute chose bonne que nous entreprenons, particulièrement les études, les exposés, les réunions publiques etc.



Père Serge BOULGAKOV, Sobornost (Fellowship de Saint-Alban
et Saint-Serge), No 24, juin 1934. 
Traduction : frère Élie Marier. 
Première publication en français.
Source: http://www.pagesorthodoxes.net/priere/priere-boulgakov.htm


vendredi 29 mai 2015

La foi du symbole de Nicée-Constantinople

Introduction à la foi orthodoxe.
Extraits d'un commentaire du père Lev Gillet paru initialement dans La Voie: bulletin de la Communauté orthodoxe française en 1930.
Source: http://www.pagesorthodoxes.net/foi-orthodoxe/credo-levgillet.htm

Les pères conciliaires et l'empereur Constantin tiennent le texte du concile de Nicée.


Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre, et toutes les choses visibles et invisibles
Πιστεύω ες να Θεόν, Πατέρα, Παντοκράτορα, ποιητν ορανο κα γς, ρατν τε πάντων κα οράτων.

Dieu a créé par amour. Il aime et crée par le même acte. Dieu a fait l’homme intelligent et libre pour que l’homme à son tour pût aimer. Tous les phénomènes de l’univers sont une manifestation de activité divine.

Il n’y a pas, sur ce point, de contradiction entre la science et la foi. La foi en la création n’est pas attachée à telle ou telle théorie cosmologique. C’est à la science qu’il appartient d’examiner librement des problèmes tels que l’âge de notre planète, la formation du système solaire, la genèse et l’évolution des espèces vivantes. Quels que soient les résultats atteints par la recherche scientifique, ces résultats ne peuvent aller contre notre foi. Celle-ci se borne à affirmer que Dieu-Amour est l’origine, le sens, et la fin de tout ce qui existe.


Et en un seul Seigneur, Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles. Lumière de Lumière, vrai Dieu de Vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait.
Κα ες να Κύριον ησον Χριστόν, τν Υἱὸν το Θεο τν μονογεν, τν κ το Πατρς γεννηθέντα πρ πάντων τν αώνων· φς κ φωτός, Θεν ληθινν κ Θεο ληθινο, γεννηθέντα ο ποιηθέντα, μοούσιον τ Πατρί, δι' ο τ πάντα γένετο. 

Le Père se fait connaître à nous par son Fils. Nous sommes tous des fils de Dieu, mais quelqu’un est « le » Fils de Dieu, dans un sens unique et exceptionnel. Ce Fils, ce médiateur n’a pas été créé ou adopté. Il procède du Père par naissance spirituelle. Celui qui nous appelons Fils, c’est la Parole, le Verbe ou la Pensée éternelle du Père : Au commencement étaient la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie (Jn 1,1-4). La Parole de Dieu est pour nous « le Seigneur », le maître, le guide suprême, la Lumière. Cette lumière, qui, venant dans le monde, éclaire tout homme... À tous ceux qui l’ont reçue, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu (Jn 1,9-12). La Parole de Dieu n’est pas une abstraction, mais une réalité vivante. Elle s’est montrée à nous sous une forme humaine et réelle, en la personne de Jésus de Nazareth, que nous appelons Christ (« oint ») et Messie (« envoyé »). L’Église confesse que Jésus, le Fils, est « consubstantiel au Père » ; et, tout en proclamant qu’il est vrai homme, elle l’adore comme vrai Dieu.
Qui pour nous, Hommes, et pour notre salut, est descendu du Ciel, s’est incarné du Saint-Esprit, et de Marie la Vierge et s’est fait homme.
Τν δι' μς τος νθρώπους κα δι τν μετέραν σωτηρίαν κατελθόντα κ τν ορανν κα σαρκωθέντα κ Πνεύματος γίου κα Μαρίας τς Παρθένου κα νανθρωπήσαντα. 

Et la Parole a été fait chair et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité (Jn 1,14). C’est cette union de la Parole de Dieu avec une nature humaine, en la personne de Jésus, que nous appelons le mystère de l’Incarnation.

L’Église professe que la naissance du Christ fait exception aux conditions ordinaires de la vie de la chair, et elle a formulé la doctrine de la « conception virginale » par l’opération du « souffle » divin ou « Saint-Esprit ». La Parole s’est fait chair « pour nous et pour notre salut ». En effet, le plan divin avait été profondément troublé. L’humanité, usant de sa liberté, s’était détournée du Dieu-Amour pour suivre les voies du bonheur égoïste. Cette infidélité première, ce « péché originel », avait introduit dans le monde la souffrance et la mort, tant physiques que spirituelles. Il fallait vaincre le mal, réconcilier ce qui était séparé, sauver ce qui était perdu. Il fallait diviniser la nature humaine. Telle était l’oeuvre de salut réservée à la Parole faite chair.


Il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, a souffert a été enseveli.
Σταυρωθέντα τε πρ μν π Ποντίου Πιλάτου, κα παθόντα κα ταφέντα. 

En résistant à la tentation, en guérissant, en pardonnant, en annonçant la « bonne nouvelle », déjà le Christ nous sauvait. Mais il a voulu accomplir jusqu’au suprêmes exigences de son amour pour nous : Il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime (Jn 15,13).
Sa mort sur la croix nous a « rachetés », non dans un sens juridique ou commercial, comme si le Père réclamait une expiation sanglante du péché humain, mais parce que l’acte intérieur d’amour et d’offrande dont le crucifiement était l’expression visible réparait, et bien au-delà, toute révolte des hommes contre le Père et provoquait dans nos coeurs une réponse de conversion. La croix, que Jésus a voulue pour lui-même, est devenue le signe et la condition nécessaire de toute vie chrétienne : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il prenne sa croix et me suivre (Lc 9,23).




Et Il est ressuscité le troisième jour selon aux Écritures ;
Κα ναστάντα τ τρίτ μέρα κατ τς Γραφάς. 

La conviction des disciples, que la pierre du tombeau n’avait pas enseveli à jamais leur Maître et son oeuvre, est devenue la foi de toute l’Église. Celle-ci proclame qu’il ne faut pas chercher parmi les morts celui qui est vivant (Lc 24,5). Le fait de la Résurrection ne peut être ni démontré, ni nié sur le plan purement historique, et il ne peut même pas être pleinement « réalise » par la pensée humaine. C’est un mystère. Mais la réalité de ce mystère est atteinte par la foi et par l’expérience spirituelle, tant individuelle que collective. La certitude et la joie de la Résurrection sont le coeur de la piété orthodoxe : « Christ est ressuscité des morts ! Par la mort il a vaincu la mort ; à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie » (Tropaire de Pâques).


Et Il est monté au Ciel, et siège à la droite du Père
Κα νελθόντα ες τος ορανος κα καθεζόμενον κ δεξιν το Πατρός. 

Les deux symboles physiques d’une ascension « au ciel » et d’une session à la droite de Dieu signifient, d’une part que le Christ a pris glorieusement possession de ce « royaume » qu’il a annoncé et où il nous a donné l’espoir d’entrer nous-mêmes (le royaume est la vie éternelle dans le Dieu-Amour). D’autre part, qu’il occupe dans le royaume al place unique qui, auprès du Père, est réservée au Fils : Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis toute mon affection (Lc 3,22).


Et Il reviendra en gloire juger les vivants et les morts ; Son règne n’aura pas de fin.


Κα πάλιν ρχόμενον μετ δόξης κρναι ζντας κα νεκρούς, ο τς βασιλείας οκ σται τέλος.

Si certains détails de ces descriptions contiennent une large part de symbolisme, ce serait aller contre toute la tradition chrétienne que de voir dans le « second avènement » et le jugement une simple image. Mais il ne faut pas se représenter une sorte de procès judiciaire. L’homme lui-même se juge et détermine son sort selon que, volontairement et sciemment, il s’est détourné ou approché du Dieu-Amour. La vie éternelle ne fait que manifester le libre choix de chaque homme, inscrit dans ses sentiments et dans ses actes.


Et en l’Esprit Saint, Seigneur qui donne la Vie, qui procède du Père, 
qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils, qui a parlé par les prophètes.


Κα ες τ Πνεμα τ γιον, τ κύριον, τ ζωοποιόν, τ κ το Πατρς κπορευόμενον, 
τ σν Πατρ κα Υἱῷ συμπροσκυνούμενον κα συνδοξαζόμενον, τ λαλσαν δι τν προφητν. 

Nous l’appelons « Seigneur », comme le Fils, parce que lui aussi est notre maître et notre guide. Il nous vivifie, car toute notre vie spirituelle dépend de ce « souffle ». Il est la manifestation visible du Père dans les âmes, de même que le Fils a été sa manifestation extérieure et visible. On ne peut séparer le Père de sa Parole et de son Souffle. C’est pourquoi le Père, le Fils et l’Esprit sont conjointement « adorés et glorifiés », comme étant une même essence divine en trois hypostases ou sujets. Cette formulation théologique est due aux premiers conciles, qui, sous le nom de Sainte Trinité, ont essayé d’exprimer le mystère du Père qui se manifeste à nos yeux par son Fils et vivant dans nos âmes par son Esprit.
L’Esprit Saint a « parlé par les prophètes ». Nous entendons par là que les saintes Écritures, les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, ont été rédigés par les hommes sous l’inspiration divine.
On a le droit d’appliquer les méthodes critiques de l’histoire et de la philologie, avec la pleine liberté qu’exige la science, à tout ce qui, dans la Bible, est susceptible d’une vérification de fait, d’une constatation positive. Mais le contenu spirituel des saintes Écritures ne relève d’aucune interprétation particulière. Son interprétation appartient à l’Église, parlant sous l’action de l’Esprit.


En l’Église une, sainte, catholique et apostolique.
Ες μίαν, γίαν, Καθολικν κα ποστολικν κκλησίαν. 

La totalité des croyants formait l’Église, au sens général, en non plus local et particulier, de ce mot. Les Apôtres déjà se préoccupaient d’organiser solidement les communautés chrétiennes. Les communautés de l’âge apostolique présentaient les mêmes traits généraux que les communautés chrétiennes modernes : chacune était un groupe de « fidèles », persévérant dans la doctrine des Apôtres, la fraction du pain et la prière (Ac 2,42), sous la présidence d’un intendant (épiskopos, « évêque »), entouré d’anciens (presbyteroi, « prêtres ») et de serviteurs (diakonoi, « diacres »). La tradition « orthodoxe » - celle à laquelle nous nous rattachons - n’admet ni les doctrines romanes sur l’autorité dans l’Église et en particulier sur le pouvoir du Pape, ni certaines conceptions protestantes d’après lesquelles la recherche et la découverte de la vérité religieuse seraient chose purement individuelle. La tradition orthodoxe professe qu’une communion existe entre les saints glorifiés et nous-mêmes ; nous ne les adorons pas, mais nous pouvons nous adresser à Dieu par leurs prières et nous recommander à leur intercession. En vénérant la mémoire de Marie, Mère du Seigneur, celle des Apôtres, des martyrs et des autres saints, en honorant leurs images et leurs reliques, c’est à Dieu, qui s’est manifesté en eux, que l’on rend hommage : ce n’est donc pas une idolâtrie.

La vie collective de la communauté chrétienne s’exprime surtout par les « mystères », symboles matériels efficaces au moyen desquels nous participons aux dons divins, non d’une manière mécanique ou magique, mais à condition que l’esprit humain assimile ces dons par la foi et l’amour. Le mystère central, le mystère même de l’Église et de son unité, est le « mystère de la cène » ou eucharistie : mangeant le pain rompu et buvant la coupe de vin sur lesquels l’Église a prié, nous communions, d’une manière non charnelle, mais réelle, au corps et au sang du Christ, au sacrifice de sa mort, et à tous nos frères et soeurs qui sont ses membres. L’Église est sainte, non en ce sens que tous ses membres soient effectivement saints, mais parce que la sainteté est la vocation de tous et que l’Église possède et offre tous les moyens de sanctification. L’Église est apostolique, parce qu’elle se réclame de la tradition des Apôtres et parce que, par le mystère de l’imposition des mains au moyen duquel se transmet tout office pastoral, elle remonte jusqu’à eux.
L’Église, dans sa plus profonde réalité, est, selon les paroles de Paul, le corps du Christ (1 Co 12,27), et selon l’Apocalypse, l’épouse du Christ (Ap 21,9).


Je confesse un seul baptême pour la rémission des péchés.
μολογ ν βάπτισμα ες φεσιν μαρτιν. 

Tout péché consiste à violer le sens divin de la vie, qui est amour. Le pécheur ne peut redevenir juste par ses propres mérites ou par ses oeuvres (prière, miséricorde, ascèse etc.), quoique les oeuvres soient un signe nécessaire de justification. Il est justifié gratuitement par la participation à la vie du Christ : Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi (Ga 2,20). Mais il faut mourir au péché - que ce soit notre péché volontaire et conscient, ou la faute originelle dont nous sommes, non coupables, mais solidaires - et naître à la vie nouvelle en Christ. Le mystère du baptême est le signe efficace de cette nouvelle naissance : Si quelqu’un ne naît de l’eau et de l’Esprit, il ne peur entrer dans le Royaume de Dieu. Le baptême est le signe extérieur nécessaire de l’appartenance à l’Église ; mais, nous l’avons dit, l’Église a aussi des membres invisibles qui n’ont pas reçu le baptême de l’eau. En accordant sa grâce, Dieu n’est limité par aucune condition matérielle. Selon l’ancienne tradition de l’Église, le mystère du « don du Saint Esprit », renouvellement de la grâce de la Pentecôte, est lié au baptême et se confère aussitôt après, sous la forme d’une onction, le « mystère de la chrismation ».
La vie en Christ, reçue au baptême, peut se perdre par des péchés ultérieurs. Le pécheur peut alors (et chaque fois) se purifier par un nouveau baptême, non plus d’eau, mais d’esprit, qui est le « mystère de la pénitence ». C’est le mystère du pardon divin accordé à la repentance du coeur, comme l’Évangile nous en offre des exemples.


J’attends la Résurrection des morts et la Vie du siècle à venir. Amen.
Προσδοκ νάστασιν νεκρν. Κα ζων το μέλλοντος αἰῶνος. μήν.


Nous entrevoyons, quoique comme au travers d’un voile, ce que pourra être pour ceux qui se tiennent à la droite du roi - ceux qui ont cherché le royaume de Dieu - la vie du siècle à venir. Il nous est plus difficile de nous représenter le sort de ceux qui meurent, par leur propre choix, séparés de Dieu. Nous l’avons déjà dit : ce n’est pas Dieu qui les juge, qui les condamne. La mort, comme une conséquence logique, les fixe dans l’état qu’ils ont choisi eux-mêmes.