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"Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse, que son visage s'illumine pour nous ; et ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations. Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu'ils te rendent grâce tous ensemble !" (Psaume 67)

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dimanche 18 mars 2018

Aimer ses ennemis

par Silouane l'Athonite

Il y a des hommes qui souhaitent à leurs ennemis et aux ennemis de l'Eglise les peines et les tourments du feu éternel. Ils ne connaissent par l'Amour de Dieu en pensant ainsi. Qui a l'Amour et l'Humilité du Christ pleure et prie pour tout le monde.

Tu dis : " C’est un criminel, qu’il aille donc brûler dans le feu de l’enfer. " 
Mais je te demande : " Si Dieu te donnait une bonne place dans le Paradis et que, de la, tu voies dans le feu celui auquel tu as souhaité les tourments, n’aurais-tu pas alors pitié de lui, quel qu’il soit, même s’il est un ennemi de l’Église ? "
Ou bien aurais-tu un cœur de fer ? Mais dans le Paradis on n’a pas besoin de fer. Là, on a besoin de l’humilité et de l’amour du Christ, qui a compassion de tous.

Seigneur, de même que tu as prié pour tes ennemis, de même enseigne-nous par ton Saint-Esprit à les aimer et à prier pour eux avec des larmes. Ceci est cependant bien difficile pour nous, pécheurs, si ta grâce n'est pas avec nous.

Celui qui a savouré l'amour de Dieu ineffablement doux, ne peut plus songer aux choses de la terre ; il se sent attiré sans ecce par cet amour.
Mais nous le perdons par notre orgueil et notre vanité, par nos inimitiés et nos jugements envers nos frères.
Mon âme languit et je te cherche avec des larmes ; vois mon affliction, illumine mes ténèbres, afin que mon âme soit dans la joie. Seigneur donne-moi ton humilité afin que ton amour soit en moi et que ta crainte vive en moi !


Seigneur, apprends-nous par ton Esprit Saint 
à aimer nos ennemis et à prier pour eux avec des larmes.
Seigneur, répands l’Esprit Saint sur la terre 
afin que tous les peuples te connaissent et apprennent ton amour.
Seigneur, comme tu as prié pour tes ennemis, 
ainsi apprends-nous, à nous aussi, par l’Esprit Saint, à aimer nos ennemis.
Seigneur, tous les peuples sont l’œuvre de tes mains ; détourne-les de la haine 
et du mal vers le repentir pour que, tous, ils connaissent ton amour.
Seigneur, tu as donné le commandement d’aimer les ennemis, 
mais cela nous est difficile, à nous autres pécheurs, si ta grâce n’est pas avec nous.
Seigneur, répands ta grâce sur la terre ; 
donne à tous les peuples de la terre de connaître ton amour,
de connaître que tu nous aimes comme une mère, 
et plus qu’une mère : une mère peut oublier son enfant, 
mais, toi, tu n’oublies jamais, car tu aimes sans mesure ta créature, 
et l’amour ne peut oublier.
Seigneur miséricordieux, dans la richesse de ta bonté, sauve tous les peuples.

(Saint Silouane l'Athonite, extraits de ses écrits.)



Note biographie sur Saint Silouane, cliquez ici ....

dimanche 27 septembre 2015

Bienheureuse l'âme qui se sait aimée de Dieu

par Saint Silouane l'Athonite



"Seigneur miséricordieux, que ton amour pour moi, pécheur, est grand ! Tu m’as donné de te connaître ; tu m’as donné de goûter ta grâce. « Goûtez et voyez comme le Seigneur est bon » (Ps 33,9). Tu m’as donné de goûter ta bonté et ta miséricorde, et insatiablement, jour et nuit, mon âme est attirée vers toi. 

L’âme ne peut oublier son Créateur, car l’Esprit divin lui donne les forces d’aimer celui qu’elle aime ; elle ne peut s’en rassasier, mais désire sans trêve son Père céleste.


Bienheureuse l’âme qui aime l’humilité et les larmes, et qui hait les pensées mauvaises.

Bienheureuse l’âme qui aime son frère, car notre frère est notre propre vie.

Bienheureuse l’âme qui aime son frère : elle sent en elle la présence de l’Esprit du Seigneur; il lui donne paix et joie, et elle pleure pour le monde entier.



Mon âme s’est souvenue de l’amour du Seigneur, et mon cœur s’est réchauffé. Mon âme s’est abandonnée à une profonde lamentation, car j’ai tant offensé le Seigneur, mon Créateur bien-aimé. Mais il ne s’est point souvenu de mes péchés ; alors mon âme s’est abandonnée à une lamentation encore plus profonde pour que le Seigneur ait pitié de chaque âme et la prenne dans son Royaume céleste.

 Et mon âme pleure pour le monde entier. Je ne puis me taire sur le peuple que j’aime jusqu’aux larmes. Je ne puis garder le silence, car mon âme souffre continuellement pour le peuple de Dieu, et, avec des larmes, je prie pour lui. Je ne puis, frères, ne pas vous proclamer la miséricorde de Dieu et les ruses de l’Ennemi.
Quarante ans se sont écoulés depuis que la grâce du Saint Esprit m'a appris à aimer les hommes et toute la création ; elle m'a aussi dévoilé les ruses de l'Ennemi qui, par tromperie, accomplit son mal dans le monde. 


Croyez-moi, frères. J'écris devant la Face du Dieu qui, dans sa grande miséricorde, s'est fait connaître à mon âme par le Saint-Esprit. Mais si l'âme ne goûte pas le Saint-Esprit, elle ne peut connaître le Seigneur, ni son amour.
Le Seigneur est bon et miséricordieux; pourtant, si nous n'étions pas instruits par le Saint-Esprit, nous ne pourrions rien dire de son amour, sauf ce qui se trouve dans les Ecritures. Mais toi, frère, ne sois pas troublé si tu ne ressens pas en toi l'amour divin, mais pense au Seigneur; pense qu'Il est miséricordieux, garde-toi des péchés, et la grâce divine t'instruira."

ARCHIMANDRITE SOPHRONYSaint Silouane l'Athonite (1866-1938), Paris, Cerf, 2010, p. 355-356


Pour des éléments biographiques sur Silouane l'Athonite, cliquez ici

vendredi 25 septembre 2015

Silouane l'Athonite: biographie



Né en 1866 en Russie, dans la province de Tambov, Syméon Ivanovitch Antonov (Семен Антонов) mène une enfance et une jeunesse comme tous les autres enfants de paysans russes de cette époque. Sa famille est modeste et vit dans beaucoup de simplicité. C'est une famille pieuse et le jeune Syméon est élevé dans la foi orthodoxe. En grandissant, il devient un jeune homme à la force impressionnante. Il aime la fête et la présence des jeunes filles, ce qui lui faudra quelques écarts de conduite. Un jour, lors d'une bagarre, il frappe violemment son adversaire qui sera sévèrement blessé. Cette expérience le marquera profondément et prendra conscience de son état de pécheur et de sa vie dissolue.
Un jour, il fit un rêve: un serpent entrait dans sa bouche, Syméon en fut très dégouté, et il entendit alors un voix qui lui disait: "De même que ce serpent te répugne, de même je n'aime pas voir ce que tu fais."
S'en suivit une période de service militaire: alors que ses camarades festoyaient, lui aspirait à rejoindre le Mont-Athos pour y devenir moine. 
Ce désir se concrétisa en 1892. Il arriva au Mont-Athos, et entra au monastère russe de Saint-Pantéléimon-le-Grand-Martyr. Une période de dur combat commença pour le jeune novice. De nombreuses fois il fut tenté de quitter la presqu'île pour rejoindre le monde, se marier et fonder une famille. Mais il demeura ferme et resta au monastère.
Le Père Sophrony raconte ainsi un événement qui arriva au jeune moine: "Une nuit sa cellule fut envahie d'une étrange lumière qui pénétrait même son corps. La pensée lui dit: 'Accepte, c'est la grâce'. Cependant l'âme du novice était troublée, et il resta dans une grande perplexité. Même après cela, la prière continua à agir en lui, mais l'esprit de contrition s'était tellement éloigné de lui qu'il se mit à rire pendant qu'il priait ; il se frappa violemment le front avec son poing et le rire cessa, mais l'esprit de repentir ne revint pas pour autant, et la prière continua sans contrition. Il comprit alors qu'il était victime d'un phénomène trompeur." (Sophrony, p. 28)
Dès ce moment, des démons commencèrent à lui apparaitre: ils lui disaient tantôt "tu es un saint !" et tantôt "jamais tu ne seras sauvé !". Désespéré, il connu un moment de total délaissement, il perdit tout espoir et plongea plusieurs heures dans les ténèbres absolues. Il connut ce que d'autres mystiques comme Jean de la Croix appelèrent la nuit spirituelle. Mais le soir même, lors des vêpres le Christ lui apparu, à ce moment tout son être fut remplir du feu de l'Esprit Saint, il vit une grande lumière, différente de celle qui l'avait trompé, et il reconnu immédiatement le Christ.
Le novice commença alors à s'enorgueillir d'avoir reçu une telle vision si jeune alors que certains moines âgés n'ont jamais rien vu de tel. Les apparitions démoniaques reprirent de plus belle et sa lutte contre les démons s'intensifia. Une quinzaine d'année plus tard, celui qui était devenu le père Silouane, toujours en prise avec les démons, fit une expérience terrible: alors qu'il priait, sa cellule se trouva remplie de démons, un démon se tient même entre lui et l'icône du Christ devant laquelle il prie, si bien que s'il voulait se prosterner devant le Christ, il se prosternait devant le démon ce qui empêchait donc la prière du moine. Silouane cria alors vers Dieu: "Seigneur, tu vois que je tâche de te prier avec un esprit pur, mais les démons m'en empêchent. Apprends-moi ce que je dois faire pour qu'ils ne me dérangent pas". La réponse ne se fit pas attendre: "Les orgueilleux ont toujours à souffrir ainsi de la part des démons." " Seigneur, dit Silouane, apprends-moi ce que je dois faire pour que mon âme devienne humble."Le Seigneur répondit: "Tiens ton esprit en enfer, et ne désespère pas." Silouane retrouva l'espoir et persévéra désormais dans cette lutte contre le mal.
Ce qui caractérise aussi la vie de Saint Silouane, c'est sa grande discrétion. Il passait inaperçu parmi les autres moines, personne ne connaissait ses expériences spirituelles si ce n'est son père spirituel. Il passait même pour un moine simple et inintéressant. Un jour, un membre important de la hiérarchie dit à propos de Silouane: "Je ne comprends pas pourquoi vous autres, universitaires et hommes savants, vous allez chez le père Silouane, simple paysan illettré. N'y a-t-il donc personne de plus intelligent que lui au monastère ?" 
Silouane était animé par la prière pour le monde, lui qui avait connu l'éloignement d'avec le Seigneur était touché de compassion pour tous ceux qui ne connaissaient pas le Christ et qui étaient loin de sa grâce. 
Discret et presque inconnu pour sa grande sainteté, sa vie spirituelle et ses écrits, c'est au père Sophrony que l'on doit d'avoir fait connaître celui que Thomas Merton qualifie de "moine le plus authentique du XXe siècle".
Il fut canonisé en 1987 par le Patriarcat oecuménique de Constantinople.

Source: ARCHIMANDRITE SOPHRONY, Saint Silouane l'Athonite (1866-1938): vie, doctrine et écrits, Paris, Cerf, 2010



lundi 25 mai 2015

"Sans ton Esprit Saint l'homme ne peut te connaître ni comprendre ton Amour." (Silouane)

par saint Silouane l'Athonite

La première année de ma vie au monastère, mon âme connut le Seigneur dans le Saint-Esprit. 
Le Seigneur nous aime infiniment. Il me le révéla dans le Saint-Esprit qu'Il me donna, par sa seule miséricorde. Il a donné le Paradis au larron, Il le donnera à tout pécheur pénitent.
Je suis mauvais devant le Seigneur, plus laid qu'un chien galeux, à cause de mes péchés. Mais j'ai prié Dieu de me les pardonner et voici que non seulement Il m'a accordé le pardon mais encore le Saint-Esprit, et dans le Saint-Esprit j'ai reconnu Dieu lui-même.

Viens, Seigneur, consume mes péchés qui me cachent ton Visage comme les nuages cachent le soleil. Mon âme ne désire rien de terrestre mais seulement le ciel.

Ô Miséricordieux, donne ta grâce à tous les peuples de la terre afin qu'ils Te connaissent, parce ce que sans ton Esprit Saint l'homme ne peut te connaître ni comprendre ton Amour !

Répands en nous, Seigneur ton Esprit Saint, puisque Toi et tout ce qui est tien ne peut être connu que par cet Esprit que Tu as donné tout d'abord à Adam et puis aux saints prophètes et aux chrétiens.

Seigneur, accorde à tous les peuple la vertu de ta grâce afin qu'ils Te connaissent dans le Saint-Esprit et Te louent dans la joie, puisque même à moi, impur et misérable, tu as accordé la joie de Te désirer. Aussi mon âme brûle d'un amour inextinguible envers Toi, jour et nuit.

Ils sont bien à plaindre les hommes qui ne connaissent pas Dieu. Ils ne voient point la Lumière éternelle et après la mort s'enfonceront dans les ténèbres éternelles. Mais le chrétien, dans la foi, connaît la Lumière parce que le Saint-Esprit a révélé aux saints les choses du ciel et de l'enfer. 

Les hommes ne connaissent pas la force de l'Humilité du Christ et désirent alors les choses terrestres ; mais l'homme ne peut arriver à la puissance de ces paroles du Seigneur sans le Saint-Esprit.

Qui les a pénétrées ne les abandonne  plus, même si tous les trésors du monde lui étaient offerts.

Le Seigneur nous a donné l'Esprit Saint, et nous avons connu le Seigneur et oublié la terre, dans les joies de l'Amour du Christ. Celui qui a savouré cet Amour de Dieu ineffablement doux, ne peut plus songer aux choses de la terre ; il se sent attiré sans cesse par cet Amour. Mais nous le perdons par notre orgueil et notre vanité, par nos inimités et nos jugements envers nos frères ; nous l'abandonnons par nos pensées cupides et notre propension vers la terre. Alors la Grâce nous abandonne, et l'âme troublée et déprimée désire Dieu et L'appelle, comme Adam chassé du Paradis. Mon âme languit et je Te cherche avec des larmes ; vois mon affliction, illumine mes ténèbres, afin que mon âme soit dans la Joie ! Seigneur, donne-moi ton Humilité afin que ton amour soit en moi et que ta crainte vive en moi !
Où es-Tu, ma Lumière et ma Joie ? Le parfum de ton passage est resté dans mon âme et j'ai soif de Toi ! Mon coeur est sans courage et rien ne me donne de joie. Je T'ai attristé, et Toi, Tu t'es caché de moi. Mon coeur T'aime, aussi Te désir-t-il, Te cherche-t-il en pleurant. [...] Mon âme t'aime Toi, et non le monde pour si beau qu'il soit. C'est Toi que je désire, Seigneur. Je ne puis oublier ton regard tranquille et doux ; je t'en supplie avec des larmes: viens, entre chez moi, purifie-moi de mes péchés. 

Qui est instruit par le Saint-Esprit comprend tout, son âme se sent comme au Ciel, car l'Esprit Saint lui-même est au Ciel et sur la terre, dans la sainte Ecriture et dans les âmes de tous ceux qui aiment Dieu.

Les saints prophètes et les amis de Dieu étaient remplis du Saint-Esprit ; voilà pourquoi leurs paroles étaient puissantes et le peuple acceptait la Parole du Seigneur.

Humilions-nous, et le Seigneur nous fera goûter la force de la prière de Jésus et l'Esprit Saint instruira nos âmes. Revêtons-nous de l'humilité du Christ et le Seigneur nous fera goûter la béatitude de la prière.
L'Esprit Saint est comme une mère qui aime son enfant et communie à ses sentiments. Il se fait connaître dans la prière humble, souffre avec nous et pardonne, guérit et instruit. 

Mais le Seigneur ne peut se révéler à l'orgueilleux ; ce dernier ne connaîtra jamais son Visage, même s'il possédait la science de l'univers. Le coeur de l'orgueilleux ne laisse pas de place en lui pour la bénédiction de l'Esprit Saint.

Saint Silouane l'Athonite (1866-1938) : moine au Mont Athos